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Des nouveaux arrivants au Canada retrouvent l’espoir grâce à l’Armée du Salut

Amin* était un avocat réputé, et son épouse Zanaib était enseignante. Ils menaient une vie remplie avec leurs trois fils adolescents et un réseau étendu de parents et d’amis. Puis un jour, les talibans ont pris le pouvoir. Soudainement, Zanaib n’avait plus le droit de travailler en dehors de chez elle. Étant donné qu’Amin s’opposait au régime des talibans, il lui était difficile de pratiquer le droit, et il était dangereux pour sa famille de demeurer en Afghanistan. Amin et sa famille se sont enfuis au Canada, où ils ont pu obtenir le statut de réfugiés. Mais leur histoire ne finit pas là.

Bien qu’ils aient retrouvé la sécurité au Canada, Amin et Zanaib ne pouvaient pas travailler. Leurs titres de compétences n’étaient pas reconnus en Ontario. Même dans le cas contraire, ils n’auraient pu trouver du travail puisqu’ils ne pouvaient communiquer en anglais. Pour remédier à la situation, ils se sont inscrits à un cours d’anglais langue seconde (ALS) offert par les services aux immigrants et aux réfugiés de l’Armée du Salut. Deux ans plus tard, Amin et Zanaib peuvent s’exprimer efficacement en anglais. Zanaib a terminé un cours collégial et a reçu un certificat de chef de cuisine. Elle travaille maintenant pour soutenir sa famille, étant donné que son mari n’est toujours pas autorisé à pratiquer le droit en Ontario.

On ne peut trop insister sur l’importance du programme ASL et de la reconnaissance des titres de compétences obtenus à l’étranger pour réussir l’intégration des nouveaux arrivants. Vous avez probablement déjà entendu dire qu’« à Toronto, il y a plus de chauffeurs de taxi titulaires d’un doctorat qu’ailleurs dans le monde. » Malheureusement, cette affirmation est exacte en grande partie. Même si de nombreux réfugiés et immigrants arrivent chez nous avec des compétences de haut niveau acquises dans leur pays d’origine, ils ont rarement la possibilité d’exercer ici la même profession. Le gouvernement de l’Ontario et l’Armée du Salut essaient de changer cet état de fait.

En effet, le gouvernement de l’Ontario vient de déposer le projet de loi 124 sur l’accès équitable aux professions réglementées. Si le projet de loi est accepté, les nouveaux arrivants qualifiés pourront trouver plus rapidement du travail dans leur domaine de formation. Selon Le Conference Board du Canada, la non-reconnaissance des qualifications professionnelles et des titres de compétences des nouveaux arrivants coûterait annuellement jusqu’à cinq milliards de dollars à notre économie. La loi proposée obligerait les 34 ordres professionnels de l’Ontario à établir des procédures d’agrément justes, transparentes et expéditives. Actuellement, certains ordres professionnels justifient leurs exigences, d’autres non. Certains ordres prennent plusieurs mois pour évaluer l’expérience professionnelle d’un nouvel arrivant et ses titres de compétences sans l’informer de l’état de son dossier. C’est pourquoi il est essentiel de mettre en place un processus d’agrément plus uniforme dans lequel les responsabilités sont bien définies.

Mais avant de faire reconnaître leurs titres de compétences étrangers, les nouveaux arrivants doivent parler couramment le français au Québec (ou l’anglais ailleurs au Canada). C’est là qu’un programme de français langue seconde (FLS) ou d’anglais langue seconde (ALS) entre en jeu. En partenariat avec la Toronto District School Board (commission scolaire de la région de Toronto), les services aux immigrants et aux réfugiés de l’Armée du Salut proposent trois niveaux de cours ALS : débutant avancé, intermédiaire et intermédiaire avancé assorti d’un module de recherche d’emploi. En organisant des séances de conversation avec un partenaire désigné ou en groupe, de lecture et d’interprétation de textes anglais, nous offrons d’excellentes possibilités d’améliorer les compétences linguistiques. Nos étudiants déploient beaucoup d’efforts pour arriver à mieux parler l’anglais, et nous avons constaté de nombreux cas de réussite.
Par exemple, il y a celui de Mei-Li*, obstétricienne en Chine, qui a immigré au Canada en 2000. Elle a vite pris conscience qu’elle ne pouvait pas pratiquer la médecine au Canada puisque ses titres de compétences n’ont pas été reconnus. Découragée, elle est retournée en Chine. Toutefois, n’ayant pas renoncé à son rêve canadien, elle est revenue au Canada. Elle a appris que ses titres de compétences lui permettraient au moins de suivre un cours de sage-femme d’une durée d’un an à l’Université de Toronto. Elle confia son fils à sa famille restée en Chine afin de pouvoir consacrer plus de temps à ses études. Par la suite, elle a très bien réussi son cours. Mais sa maîtrise insuffisante de l’anglais était la seule chose qui l’empêchait d’obtenir un permis de sage-femme. Ainsi, elle devra passer un examen d’anglais oral. Mei-Li a donc demandé de l’aide auprès des services aux immigrants et aux réfugiés. Elle a suivi nos cours ALS pour adultes; on lui a assigné un partenaire pour la conversation en anglais, et nous avons même pu lui trouver un instructeur bénévole. Mei-Li espère qu’elle réussira son examen cet automne, après quoi elle pourra de nouveau aider des mères à mettre leurs bébés au monde, voire éventuellement pratiquer la médecine en Ontario.

Par ailleurs, le gouvernement de l’Ontario vient de conclure l’entente Canada-Ontario sur l’immigration. Aux termes de cet accord, une somme de 920 millions de dollars répartie sur cinq ans sera investie dans des programmes de formation linguistique et d’aide à l’établissement des nouveaux arrivants. L’Armée du Salut a participé aux consultations tenues récemment par le gouvernement visant à trouver la meilleure façon d’utiliser cet argent pour faciliter l’établissement des nouveaux arrivants. Nous espérons qu’il y aura plus de fonds affectés aux programmes ALS pour adultes et de terminologie propre à un secteur d’activité en ALS.

Selon l’énoncé de mission des services aux immigrants et aux réfugiés, nous nous engageons à servir tous les nouveaux arrivants avec l’amour inconditionnel et la compassion de Jésus-Christ. En remplissant cette mission, nous avons le plaisir de voir des vies se transformer, et l’espoir revenir dans le cœur des gens qui s’établissent dans notre pays pour améliorer leur sort. Dans la perspective de nouvelles ressources financières, les services aux immigrants et aux réfugiés ont conçu le programme « Hope Rally » afin de compléter nos cours ALS. Ce programme permettra de mener à bien les objectifs suivants :
· viser l’excellence en incitant les nouveaux arrivants à tirer le maximum de leurs talents et de leurs compétences, notamment par des démarrages de petites entreprises, des promotions d’artistes récemment établis, etc.;
· aider les immigrants et les réfugiés à conserver leur dignité et leur estime de soi en les encourageant à fournir des services à la collectivité et en favorisant le renouvellement et le renforcement des liens familiaux et conjugaux;
· procurer à la clientèle des outils de pointe pour s’adapter à la culture environnante et se démarquer sur le marché du travail;
· permettre aux nouveaux arrivants d’établir des contacts et de contribuer à l’harmonie, à la sécurité et à la santé de la collectivité.

Nous croyons que ce nouveau programme constituera un complément très efficace à la formation linguistique que nous offrons. Si nous obtenons le financement nécessaire, nous prévoyons le mettre en œuvre au printemps 2007. En collaborant avec des investisseurs publics, nous espérons faciliter l’établissement de nombreux nouveaux arrivants dans la région métropolitaine de Toronto.

Major Holly Patterson
Directrice des services aux immigrants et aux réfugiés
Division du centre de l’Ontario