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RSSAbolir les barrières dans l’ex-Allemagne de l’Est
La ville de Meissen comporte sa part de personnes qui ont abandonné tout espoir. Cependant, l’Armée du Salut est en train de bâtir une église autour de ceux que la société a rejetés.
Depuis plus de quatre ans, mon épouse, Blanca, et moi-même accomplissons un travail de pionnier à Meissen, dans l’ex-Allemagne de l’Est. Cette ville de 29 000 habitants est située à 30 kilomètres à l’ouest de Dresde, et à 70 kilomètres de la République tchèque.
Il est certain que quarante années de régime communiste rigide ont influé de manière considérable sur la façon de vivre et de penser des gens dans cette partie de l’Europe. Le taux de chômage tourne autour de 30 %, et ceux qui travaillent sont souvent obligés d’accepter des emplois qui sont loin de correspondre à leurs rêves. Des milliers de gens vivent de l’aide sociale et passent leurs journées à faire la « tournée » des bureaux du gouvernement.
Notre travail n’est jamais ennuyeux. Nous avons 25 employés, et environ 1000 personnes viennent participer chaque semaine à nos divers programmes. Nous offrons des cours d’anglais, un groupe d’entraide pour les toxicomanes, le déjeuner et le dîner chaque jour, une salle de jeux, un cours d’étude biblique pour petits groupes, un déjeuner dominical pour les sans-abri et un service du culte le dimanche matin.
Nous recyclons des vêtements et des meubles usagés par le truchement de nos deux magasins d’occasions. Mais, plus important encore, nous « recyclons » également les personnes. La ville comporte sa part d’hommes et de femmes qui ont perdu tout espoir en la vie, et celle-ci semble les avoir abandonnés à son tour. On les appelle les « assis », les « asociaux ». Personne ne sait combien il y en a dans la ville – ils n’ont pas encore été classés dans des catégories statistiques bien nettes. Ces personnes ne sont pas vraiment des sans-abri, mais elles sont tout de même seules, sans amour, et en train de perdre la vie qui les anime.
Environ cinquante de ces personnes passent leur temps à boire dans le parc voisin. Elles trinquent à leur propre descente dans l’oubli. Nous leur rendons visite dans notre fourgonnette et leur offrons de la soupe, du café et une oreille attentive.
Nous nous employons donc à bâtir une église autour de ceux que la société a rejetés. Cependant, ils ne boivent pas tous. Ils ne sont pas tous pauvres. Ils ne sont pas tous sans abri. Mais ils sont tous démunis sur le plan spirituel. Ils ont tous besoin du Seigneur et d’une collectivité aimante et compatissante.
Nous vivons et travaillons dans une culture qui nous est étrangère. Nous n’avons pas grandi dans ce pays. Nous avons beaucoup entendu parler de l’époque du communisme et nous en voyons les répercussions. Mais il nous est difficile d’imaginer une existence où on épie vos moindres gestes, où on analyse vos moindres paroles et on vous jette en prison pour avoir tenté de franchir le mur. Le frère épiait son frère, le mari surveillait sa femme, et le voisin trahissait son voisin. Le régime était basé sur le mensonge, la méfiance et le contrôle. Il est difficile de se débarrasser d’un tel héritage.
Nous avons découvert que le fait de vivre hors de son pays d’origine offre des avantages incroyables. Vivre dans un pays étranger vous transforme, vous rend plus ouvert et plus fort, à condition toutefois que votre objectif ne consiste pas seulement à enseigner, mais également à apprendre. Notre famille a beaucoup appris au cours des cinq années passées à Meissen. La vie n’a pas toujours été facile. Cependant, nous avons appris que les épreuves et les difficultés engendrent la persévérance. Nous avons également découvert qu’il ne faut pas faire de distinctions entre les gens, et qu’il suffit de peu de chose pour qu’une personne qui est en train de « descendre » se mette à « remonter ».
Les lieutenants Gerald et Blanca Dueck vivent et travaillent en Allemagne depuis 12 ans. De 1994 à 2001, ils ont géré un refuge de l’Armée du Salut à Hanovre. En 2001, ils ont emménagé à Meissen, où ils ont la charge d’une église et des services sociaux. Ils ont deux enfants : Matthew, qui est en 12e année à l’école internationale de Dresde, et Lolita, qui est en deuxième année à l’Université de Bayreuth.
Lieutenant Gerald Dueck
Meissen, Allemagne