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Privilèges au Zimbabwe

Posted By John McAlister On mardi 22 mai 2007 à 08:12 In News | No Comments

nullMême si elle se trouve très loin de sa famille et de ses amis restés à Terre-Neuve, la major (Dr) Dawn Howse de l’Armée du Salut est reconnaissante des occasions de service qui lui sont offertes au Zimbabwe. Son énoncé de mission personnel reflète les 18 années de ministère qui l’ont aidée à comprendre qui elle est : « Je suis un médecin chrétien appelé à enseigner et à soigner dans une collectivité pluriculturelle ».

L’hôpital de Tshelanyemba se trouve dans une région rurale où les accidents de charrettes tirées par des ânes font plus de victimes que les collisions causées par des voitures. Dans ce pays, la plupart des gens peuvent dire, en écoutant bien, quelle voiture ou quel autobus vient de s’arrêter devant la maison. Il y existe des conflits non exprimés en ce qui a trait aux traditions (les femmes qui portent des robes ou des jupes doivent reconnaître que les jeans sont parfois plus « décents »). Cependant, les gens regardent également des émissions de télévision qui viennent de l’Afrique du Sud, et dont le contenu ne diffère pas de celui des émissions américaines ou canadiennes. De nombreuses familles sont brisées et déchirées, car de jeunes vies sont emportées par le sida, et beaucoup de jeunes hommes partent pour l’Afrique du Sud ou le Botswana afin de chercher du travail – n’importe quelle sorte de travail.

À Tshelanyemba, le personnel médical a plus de travail que d’habitude ces jours-ci, car il n’y a plus de médecin à l’hôpital du district. Les patients de cet établissement affluent à Tshelanyemba, ce qui oblige l’hôpital communautaire à partager ses maigres ressources.

Dawn a appris qu’il est important d’apprendre la langue de la population locale, car cela lui a permis de découvrir les différences dans le degré d’importance des relations au sein d’une famille élargie. Par exemple, elle a appris qu’un cousin peut être aussi proche et « important » qu’un frère, qu’il ne faut pas se surprendre si les gens ne connaissent pas leur âge, parce que personne ne célèbre les anniversaires, et qu’une belle-mère ne doit pas savoir le prénom de sa bru, car cela serait de mauvais goût. Elle trouve également amusant d’entendre les patients parler d’elle entre eux, et dire qu’elle comprend ce qu’ils disent et qu’elle peut leur expliquer leurs maladies dans leur langue. Elle doit utiliser des mots simples que les gens peuvent comprendre.

Dawn a également pu constater le stoïcisme des gens de ce pays – leur acceptation complète de la maladie et de la mort, qui sont la « volonté de Dieu ». À l’aide des quelques mots simples et directs qu’elle connaît, elle doit souvent annoncer à des gens qu’ils sont atteints d’une maladie mortelle, comme un cancer, et qu’elle ne peut pas les guérir, mais seulement leur donner des analgésiques et prier pour eux. Ils se contentent de dire : « Merci docteur! », et ils s’en vont avec leur acétaminopohène ou leur ibuprofène. Puis, quelques jours ou quelques semaines plus tard, un parent vient demander à Dawn un certificat de décès pour un être cher qui est mort paisiblement à la maison.

Dawn reconnaît qu’elle est incroyablement privilégiée. Voici pourquoi :

· Elle est capable de marcher. Beaucoup de ses patients sont trop faibles pour tenir debout.
· Elle habite à cinq minutes de marche de son travail, alors que bien des gens doivent parcourir une grande distance pour aller à l’école ou au travail.
· Elle a du travail – ce que 90 % des habitants du pays n’ont pas.
· Elle a suffisamment à manger – des aliments simples et sains – alors que certaines personnes ont de la difficulté à nourrir leur famille chaque jour.
· Elle a de l’électricité pour faire cuire son gruau – du moins, la plupart du temps. Beaucoup de gens doivent encore cuire leurs repas sur un feu de bois.
· Elle dispose de produits de luxe, comme du beurre d’arachide et de la confiture de chicoutai, et surtout, elle a une famille qui lui permet de vivre dans un tel luxe.
· Elle peut utiliser une petite piscine (9 m x 4 m) pour se rafraîchir lorsque la température atteint 38 ºC.
· Elle peut acheter du chlore au Botswana pour purifier son eau, ce qui suppose l’usage d’un véhicule motorisé, l’achat d’essence et la possession de devises étrangères.
· Elle peut côtoyer des enfants et leur enseigner à nager, ce qui leur donne une connaissance pratique et un moyen de survie.
· Elle peut correspondre par courriel avec ses amis et ses parents au Canada.
· Aujourd’hui, l’électricité et le téléphone fonctionnent. Elle a réussi à payer les factures pour un autre mois.
· Elle peut utiliser un ordinateur portable, don du territoire du Canada et des Bermudes de l’Armée du Salut.
· Elle est appuyée dans son travail par de nombreuses personnes.


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