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Programme « Whole Life » : un processus évolutif pour les toxicomanes

nullLes deux derniers mois ont été durs pour Robert Simmons, mais il est déterminé à faire le ménage dans sa vie. Robert fait partie d’un groupe de dix participants au programme de réadaptation l’Ancrage (pour toxicomanes) au centre de l’Armée du Salut sur la rue Gottingen, à Halifax.

C’est la chose la plus difficile qu’il a entreprise.

« Ça me fait peur », confie-t-il, pour exprimer ce qu’il ressent devant la perspective de renoncer aux drogues et à l’alcool pour le reste de sa vie.

« Je poursuis mes efforts pour refaire ma vie. Renoncer aux drogues et à l’alcool est une chose, mais transformer complètement sa vie est encore plus exigeant. »

Pendant une quinzaine d’années, l’homme de Cole Harbour a subi plusieurs cures de désintoxication. Sa dépendance à l’alcool, à la cocaïne et à la marijuana l’a amené à faire de la prison.

Son alcoolisme a commencé lorsqu’il était adolescent, mais il s’agit en quelque sorte d’une « tradition familiale ».

« Je descends d’une longue lignée d’alcooliques », révèle-t-il au téléphone.

Robert Simmons s’est inscrit au programme l’Ancrage d’une durée de six mois parce qu’il en avait assez de la vie qu’il menait et des ravages qu’il causait. Il a perdu des amis. Certains membres de sa famille ne lui adressent plus la parole.

Chaque jour, l’électricien de 34 ans suit des cours et bénéficie de consultations individuelles. En outre, il travaille bénévolement pour l’Armée du Salut en distribuant des repas à des itinérants.

« Pouvoir parler de mes expériences de vie et de ce que je ressens, ne pas être jugé et entendre quelqu’un me dire “Je sais ce que tu veux dire” même s’il ne le sait pas, c’est beaucoup pour moi. »

Parfois, les participants au programme discutent jusqu’à trois heures du matin et se soutiennent mutuellement en racontant leurs expériences communes.

Robert Simmons déclare qu’il a eu envie d’abandonner trois fois et qu’il a vu six ou sept de ses camarades succomber à la tentation et quitter l’établissement.

Selon lui, son séjour des deux derniers mois lui a donné une grande leçon d’humilité.

« J’avais l’habitude de passer par ici avant de me rendre dans les bars. Je regardais les pensionnaires par les fenêtres du centre et je plaignais leur sort », affirme-t-il.

« Ça m’a pris beaucoup d’efforts pour y entrer moi-même. »

Texte reproduit avec l’autorisation du journal The Daily News, publié à Halifax

“Dealing with ‘whole life’ – a work in progress for addict”
70608qgt/fl