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RSSL’Armée du Salut combat le trafic de personnes, l’esclavage des temps modernes
La Journée internationale pour l’abolition de l’esclavage a lieu le 2 décembre. Le trafic de personnes – une forme d’esclavage – compte parmi les types de crimes transnationaux qui présentent le taux de croissance le plus rapide.
Selon les Nations Unies, le trafic de personnes représente un chiffre d’affaires de 32 milliards de dollars à l’échelle mondiale, en deuxième place après le trafic des drogues et des armes. En 2005, l’Organisation internationale du travail estimait à environ 2,45 millions le nombre de victimes du trafic de personnes, qui entraîne le travail forcé et l’exploitation sexuelle.
Le trafic de personnes et le passage de migrants clandestins sont deux choses différentes. Les migrants clandestins sont généralement libres lorsqu’ils atteignent leur destination. Par contre, les victimes du trafic de personnes sont forcées à travailler pour leurs ravisseurs, sous prétexte qu’elles doivent rembourser les coûts du logement, de la nourriture ou des faux documents qui leur ont été procurés.
La prévention du trafic de personnes et les mesures visant à le combattre sont des objectifs constants pour les Nations Unies, les églises et des organisations comme l’Armée du Salut. Il s’agit d’un problème complexe qui s’étend à l’échelle internationale. L’esclavage devient un casse-tête de plus en plus complexe, car on peut maintenant transporter des gens d’un pays à l’autre plus rapidement, et il est plus facile de les exploiter ou de les menacer en ligne, dans le monde virtuel.
Définitions
L’expression « trafic de personnes » désigne le recrutement, le transport, le transfert, l’hébergement ou l’accueil de personnes, par la menace de recours ou le recours à la force ou à d’autres formes de contrainte, par enlèvement, fraude, tromperie, abus d’autorité ou d’une situation de vulnérabilité, ou par l’offre ou l’acceptation de paiements ou d’avantages pour obtenir le consentement d’une personne ayant autorité sur une autre aux fins d’exploitation.
L’exploitation comprend, au minimum, l’exploitation de la prostitution d’autrui ou d’autres formes d’exploitation sexuelle, le travail ou les services forcés, l’esclavage ou les pratiques analogues à l’esclavage, la servitude ou le prélèvement d’organes.
Selon la Gendarmerie royale du Canada, de 800 à 1200 personnes sont victimes du trafic de personnes chaque année au Canada, dont la plupart sont contraintes de travailler ou de se prostituer. Cependant, selon certaines organisations non gouvernementales, le nombre de personnes qui entrent au Canada dans le cadre du trafic de personnes serait plus élevé.
Dans un rapport publié en 2007 par le Département d’État américain sur le trafic de personnes, on apprend que le Canada constitue un pays de transit et de destination important en ce qui a trait aux femmes et aux enfants victimes d’exploitation sexuelle à des fins commerciales. En outre, beaucoup de femmes et d’enfants font l’objet d’un trafic d’une province à une autre et d’une ville à une autre à des fins d’exploitation sexuelle. Le trafic de personnes ne se pratique pas nécessairement à l’échelle internationale.
Réaction mondiale
L’Armée du Salut veut déclencher une réaction mondiale au trafic de personnes et au travail forcé. En mai 2004, l’organisation déclarait faire de la lutte au trafic de personnes une priorité. L’engagement de l’Armée du Salut :
· fait appel à une stratégie internationale;
· fait appel à une intervention gouvernementale;
· comporte des risques;
· a des répercussions sur notre mission générale.
Depuis, dans les pays où œuvre l’Armée du Salut, des initiatives ont été organisées et mises en œuvre pour combattre ce fléau.
Le réseau de lutte contre le trafic de personnes a été mis sur pied en septembre 2004. La plupart de ses membres se sont joints à un comité déjà existant formé de représentants de l’Armée du Salut et d’intervenants de la collectivité animés par le même esprit et susceptibles de rencontrer des victimes du trafic de personnes dans le cadre de leur travail. La tâche des membres consiste principalement à sensibiliser la population et à exercer des pressions sur les gouvernements. Un sous-comité a été formé afin de discuter de la position de l’Armée du Salut relativement aux lois actuelles et aux améliorations que nous devrions demander.
« Il est essentiel d’informer la population », déclare Mme Dianna Bussey, présidente du réseau de lutte contre le trafic de personnes de l’Armée du Salut dans le territoire du Canada et des Bermudes. « Plus nous en savons sur l’ampleur du phénomène et sur la façon subtile dont il est enraciné au cœur de nos propres collectivités, mieux nous serons en mesure de lutter contre la complaisance et l’acceptation de l’injustice à l’endroit de nos semblables. »
Quels sont les objectifs de l’Armée du Salut dans ce domaine?
· Éliminer le trafic de personnes;
· Sensibiliser la population aux torts et à l’injustice qu’entraîne le trafic de personnes;
· Encourager les gens à prier pour que cesse le trafic de personnes;
· Demander instamment au gouvernement canadien d’améliorer la loi relative au trafic de personnes;
· Soutenir financièrement les personnes qui risquent d’être victimes du trafic de personnes dans les pays en développement;
· Empêcher les jeunes Canadiens vulnérables d’être victimes du trafic de personnes et d’exploitation à des fins sexuelles.
L’Armée du Salut fait œuvre d’éducation en son propre sein et parmi la population afin de sensibiliser les gens aux questions liées au trafic de personnes, et insiste sur le fait que les victimes du trafic de personnes sont des êtres humains dont il faut préserver la dignité.
Reconnaître une victime du trafic de personnes
Les victimes du trafic de personnes ne paraissent pas nécessairement différentes des autres personnes à qui vous venez en aide chaque jour. Cependant, comme c’est le cas pour les victimes de violence familiale, certains indices peuvent vous aider à évaluer la situation que vit une personne que vous rencontrez.
· la personne semble être sous la domination de quelqu’un;
· la personne semble incapable de déménager ou de quitter un emploi;
· la personne présente des contusions ou d’autres signes de mauvais traitements;
· la personne a peur ou est déprimée;
· la personne vient d’arriver au Canada et ne parle aucune des deux langues officielles;
· la personne n’a pas de passeport ni de documents d’immigration ou d’identité.
Si vous croyez qu’une personne est victime du trafic de personnes, essayez de parler avec elle en privé, puis communiquez avec la police. La personne qui l’accompagne peut être un trafiquant qui se fait passer pour un conjoint, un membre de la famille ou un interprète.
Statistiques
· L’âge moyen des jeunes exploités à des fins sexuelles commerciales au Canada est de 14 à 15 ans.
· Quatre-vingt-dix pour cent des victimes du trafic sexuel sont des femmes et des jeunes filles.
· Les facteurs qui rendent les femmes et les jeunes filles vulnérables au trafic de personnes sont la pauvreté, la perte des parents et des antécédents de sévices sexuels.
Agissez
L’Armée du Salut administre une boutique équitable (www.sallyann.no) où l’on vend des articles d’artisanat fabriqués par des femmes du Bangladesh qui ont pu se libérer de la prostitution. Un processus a été mis en œuvre afin de constituer Sally Ann International (SAI) en entreprise. Lorsque la boutique sera en ligne, incitez les gens à y faire des achats.
Soutenez les programmes de l’Armée du Salut à l’échelle internationale qui viennent en aide aux femmes et aux enfants vulnérables.
Demandes au gouvernement
· Mettre sur pied un programme financé par le gouvernement pour venir en aide aux victimes du trafic de personnes (p. ex., une ligne de dépannage qui fonctionne jour et nuit, des maisons d’hébergement).
· Libérer des fonds pour la formation des policiers et des fonctionnaires de l’immigration en ce qui a trait au trafic de personnes et aux services de protection des victimes.
· S’opposer à la légalisation de la prostitution.
Pour de plus amples renseignements, communiquez avec Mme Dianna Bussey, au 204-949-2100, ou à l’adresse Dianna_Bussey@can.salvationarmy.org.
Quelques compléments pour la réflexion générale sur ce sujet :
http://bboeton.wordpress.com/2008/02/16/trafics-dorganes-vraie-fausse-legende-urbaine/
http://bboeton.wordpress.com/2006/04/28/disparition-denfants-par-centaines-en-europe/
Bien cordialement.