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RSSOn a frappé à la porte
Riley Blake était dans un état épouvantable. Sous l’effet de la drogue, il pouvait à peine répondre lorsqu’on a frappé à sa porte, un soir de juillet 2006. « Je pensais que c’était un de mes fournisseurs », raconte Riley aujourd’hui. Il s’agissait plutôt de pasteurs de l’Armée du Salut, Andrew et Darlene Morgan, qui faisaient une visite à domicile après une journée éreintante de 12 heures au Phare du havre de Toronto (qui est à la fois une église communautaire et un programme de traitement de la toxicomanie).
Les capitaines Morgan ont voulu prendre des nouvelles de Riley parce qu’ils s’inquiétaient de son absence du Phare du havre. « Ils étaient venus me voir! », lance Riley, encore étonné de sa bonne fortune.
Ils ne l’ont pas jugé ni ne sont partis dégoûtés. « Ils n’ont pas enfoncé le clou », continue Riley. « Ils ont dit simplement : “Tu n’es pas dans ton état normal. Si tu as besoin de nous, appelle-nous. Nous sommes là pour aider.” »
Descente dans l’enfer de la toxicomanie
Riley est né et a grandi dans la province de Terre-Neuve-et-Labrador. Son enfance y a été cauchemardesque. Victime d’abus de la part de membres de sa famille, il vivait chaque jour un mauvais rêve éveillé.
Une belle-sœur compatissante en a eu pitié. À 17 ans, il est déménagé à Toronto. Mais au lieu de repartir à zéro, Riley a trouvé la solitude et a eu recours aux drogues pour oublier son passé douloureux. Très vite, il est entré dans le cercle infernal de la drogue qui a duré plus de 25 ans. Il a développé une dépendance à l’héroïne et au crack et s’est éloigné de la protection que procure un foyer familial.
Au début des années 1980, Riley, devenu itinérant, s’est présenté au programme de traitement offert par le Phare du havre. « Je m’étais souvenu de l’Armée du Salut puisque j’ai grandi à Terre-Neuve », précise-t-il. Un intervenant du Phare du havre a pris des dispositions pour lui fournir un hébergement temporaire, et Riley a repris contact avec sa belle-sœur. Les choses allaient mieux.
Pendant quelques années, Riley a réussi à éviter les drogues, mais il s’est mis à fumer de la marijuana, ce qui l’a amené à consommer de nouveau du crack. Durant cette période, un partenaire qui le maltraitait lui a transmis le VIH-SIDA. « Ça m’a pris une année complète pour l’accepter et le révéler aux gens », se rappelle Riley. Il a réussi à survivre uniquement grâce à une participation à un projet d’essai de médicaments contre le SIDA, mené par un hôpital local. « On avait établi que j’avais un sida caractérisé et qu’il me restait six mois à vivre », confie Riley. « Neuf mois plus tard, par la grâce de Dieu, je ne risquais plus de mourir : le virus n’était plus détectable. C’était un miracle. »
Mais le pire restait à venir. Lorsqu’il est retourné à Terre-Neuve, sa mère a refusé de le revoir. « En gros, elle me disait que je devrai m’enterrer tout seul ». De plus, sa belle-sœur bien-aimée mourut d’une crise cardiaque. « Je me suis retrouvé sans rien ni personne », déclare Riley. « J’ai cru que je ne valais plus rien. »
Sans domicile, il a recommencé à consommer des drogues et a négligé de prendre des médicaments contre le SIDA. Il a fini par retomber malade.
C’est à ce moment-là que deux officiers de l’Armée du Salut l’ont trouvé, par une chaude soirée de juillet.
Près de Dieu
Cette heureuse visite a ramené Riley dans la bonne voie. « Je me suis mis à prier sérieusement et j’ai demandé à Dieu de me montrer une issue. »
Riley a trouvé son chemin vers Dieu et l’Armée du Salut. Pour lui, l’Armée du Salut est la famille qu’il n’a jamais eue depuis son départ de Terre-Neuve. « J’y ai trouvé une famille qui m’a accueilli à bras ouverts et avec un coeur aimant », affirme Riley, reconnaissant. « Ils étaient là quand j’avais besoin d’eux. J’ai obtenu beaucoup d’aide, autant que toute autre personne aurait pu trouver ici, peu importe son orientation sexuelle. » Des douleurs l’ont tourmenté pendant plusieurs mois, mais Riley a quand même continué d’assister au service du culte tous les dimanches. « Je suis heureux de faire partie d’une église qui m’accepte tel que je suis. »
L’année a été dure pour Riley. De nouveaux médicaments l’ont presque tué avant que les médecins aient pu rectifier la posologie. Il a fallu cinq mois pour que son corps s’y adapte. « J’ai passé la plupart du temps recroquevillé sur mon sofa, dans la position du fœtus, pour essayer de m’habituer à la douleur. » En outre, il a développé un zona particulièrement douloureux, qui a tourné en varicelle. « Cette année, ça n’a pas été une partie de plaisir », dit Riley en riant.
En novembre dernier, il a fêté une année complète de sobriété. Pour l’occasion, il a recommencé à travailler bénévolement. […]
Malgré les difficultés qui surviennent parfois, Riley est déterminé à parler ouvertement de sa lutte contre le SIDA. « Je pense que je peux aider quelqu’un qui vit ce que j’ai vécu. » Il souhaite tirer parti de son expérience pour que d’autres puissent trouver une source de compassion et d’espoir.
« Le plus impressionnant dans mon cheminement, alors que j’étais aux prises avec la toxicomanie et le SIDA, ç’a été de trouver Dieu à mes côtés », conclut Riley.