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Fuir la terreur

Posted By John McAlister On vendredi 18 juillet 2008 à 12:20 In News | No Comments

« Un soir de février 2001, à 21 h, j’ai été tirée d’un sommeil profond par deux soldats armés », raconte Etsegenet. « Ils m’ont traînée dehors et jetée dans une voiture qui m’a emmenée à la prison municipale, où je suis restée pendant plusieurs jours. Plus tard, j’ai appris que c’était à cause de mes opinions politiques et de mon appartenance à un certain groupe social.

Etsegenet, âgée de 45 ans, est une Éthiopienne issue du peuple amhara. Sa vie a pris une tournure tragique en 1991, lorsque le nouveau régime a lancé une campagne de propagande haineuse à l’endroit des Amhara. Ce groupe ethnique était accusé d’opprimer les autres Éthiopiens. De nombreux Amhara ont été massacrés dans diverses régions du pays par des groupes armés qui agissaient au nom du gouvernement. Des dizaines de milliers d’Amhara, qui vivaient dans la région depuis plusieurs générations, ont fui.

Pendant les années qui ont suivi, Etsegenet et les autres membres de sa famille ont travaillé activement à faire connaître les préoccupations et les aspirations des Amhara et des autres minorités ethniques. Lors d’une réunion publique, Etsegenet a critiqué la modification d’une politique gouvernementale relative au logement. Elle a été arrêtée cinq jours après la réunion. Pendant huit heures, elle a défendu ses droits et déclaré que les faits qu’elle avait présentés lors de la réunion étaient vrais. Trois semaines plus tard, Etsegenet a été arrêtée et emprisonnée de nouveau.

Cette fois-ci, elle a passé cinq jours en prison. Son oncle a versé le cautionnement de 10 000 $ requis, et elle a été libérée. Mais avant de la laisser partir, on l’a avertie de ne pas critiquer le gouvernement.

Craignant pour sa vie, Etsegenet s’est enfuie au Canada. À son arrivée, elle a appris que sa sœur, membre du même groupe, avait été emprisonnée pendant deux mois et qu’elle avait par la suite fui le pays. La mère d’Etsegenet avait été interrogée au sujet de ses deux filles, et comme elle n’offrait aucune explication, elle avait été emprisonnée pendant 12 jours. Elle aussi avait été relâchée contre le versement d’un cautionnement, et on l’avait avertie qu’elle ne devait participer à aucune réunion politique ni quitter la ville. « J’étais convaincue que si je retournais en Éthiopie, je serais persécutée », déclare Etsegenet.

Etsegenet a quitté son emploi de vérificatrice dans un bureau gouvernemental, et est partie dans l’espoir de trouver la sécurité et la paix. À son arrivée au Canada, elle n’avait qu’une valise et 200 $ en poche.

La barrière de la langue constituait un obstacle immense pour Etsegenet. Cependant, elle a eu la chance d’obtenir un emploi à la cafétéria du quartier général territorial de l’Armée du Salut, à Toronto. Les membres du personnel l’ont aidée à remplir les formulaires officiels, lui ont donné des meubles pour son appartement et, à Noël, lui ont remis un sapin rempli de lumières. « L’Armée du Salut me fait du bien à l’intérieur », dit-elle.

Il est difficile d’immigrer dans un pays pour y commencer une nouvelle vie, car il faut laisser sa famille et ses biens matériels derrière soi. Pour se procurer du travail, il faut souvent retourner à l’école, trouver des personnes‑ressources, acquérir de nouvelles compétences et apprendre une langue étrangère.

L’Armée du Salut s’est engagée à offrir ces services aux immigrants afin de faciliter leur établissement dans leur nouveau pays.


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