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RSSLe nouveau visage de l’itinérance – la pauvreté
À Iqaluit, aux abords du cercle arctique, les sans‑abri du Nunavut font la queue tous les soirs à la porte du refuge d’urgence Oqota de l’Armée du Salut, dans l’espoir d’obtenir un lit pour la nuit.
À mesure que la soirée avance, c’est ici que se présentent ceux qui en ont assez de dormir dans des édifices désaffectés ou des voitures abandonnées, ou qui ne peuvent pas trouver refuge chez des parents ou des amis.
L’itinérance est un problème qui va en s’aggravant dans toutes les villes canadiennes. Chaque soir, plus de 10 000 personnes n’ont pas d’endroit où dormir à l’abri. L’Armée du Salut, qui gère 85 centres à travers le Canada, offre un tiers de tous les lits disponibles. Elle est présente là où les besoins se font sentir.
« La plupart des sans‑abri ont honte. Ils se sentent humiliés et impuissants », explique la lieutenante Carol‑Anne Scott, directrice du refuge Oqota. « Iqaluit est une nouvelle capitale qui a de la difficulté à accueillir le flot de personnes venues du Sud pour travailler à l’administration du nouveau territoire. C’est pour cette raison que le phénomène de l’itinérance a changé de visage et qu’on assiste à une crise du logement et de l’emploi qui s’aggrave sans cesse. Dans cette ville de 6 700 habitants, jusqu’à 1 000 personnes ne bénéficient pas d’un logement adéquat.
Guy est né à Iqaluit et y a grandi. Aujourd’hui âgé de 20 ans, il habite au refuge Oqota. Il vivait auparavant chez ses grands-parents, et il a été anéanti quand ceux‑ci ont déménagé. « J’avais 17 ans et j’étais seul au monde. Mon père nous a quittés quand j’avais 14 ans, et ma mère a refait sa vie. J’ai vécu en colocation avec des amis, mais ça n’a pas duré. Je n’avais plus beaucoup de choix. Ce refuge était mon seul espoir. »
Guy travaille dans l’industrie de la construction, et il est sur une liste d’attente pour obtenir un logement abordable. On lui a dit que cela pourrait prendre de deux à trois ans. « Ce sera difficile pour moi de partir », dit-il, « les gens du refuge sont ma seule famille ».
De nombreux clients se présentent au refuge (qui compte 20 lits) parce que les logements abordables sont en nombre insuffisant. « Certains résidents ont un emploi, mais ils ne gagnent pas assez pour se loger », explique Carol‑Anne. « Sans domicile, ils ne pourraient jamais conserver leur emploi. D’autres ne peuvent pas travailler pour diverses raisons : maladie mentale, toxicomanie ou handicap physique ».
« Chaque client a ses propres besoins, et le refuge leur offre beaucoup plus qu’un simple lit. Nous aidons les résidents à remplir les formulaires de la société d’habitation et nous leur offrons un soutien psychologique pendant qu’ils attendent leur réponse. »
À cause du surpeuplement, les tensions sont vives dans les foyers. Bien des gens ont recours à la violence physique et à la consommation d’alcool et de drogues pour tenir le coup. L’Armée du Salut collabore avec d’autres services communautaires pour offrir de l’aide psychologique afin de lutter contre les toxicomanies et de favoriser la vie de famille. « Mais par‑dessus tout », poursuit Carol‑Anne, « nous leur offrons une oreille attentive. »
Sur le plan de la prévention, l’Armée du Salut participe au développement et à la promotion de stratégies novatrices pour s’attaquer aux problèmes de sa clientèle. Partout au Canada, des centres de services sociaux sont engagés dans un processus continuel d’évaluation et d’amélioration par le truchement d’un programme d’agrément géré par notre bureau national.
La compassion n’est pas une ressource épuisable. L’Armée du Salut offre de l’espoir, jour après jour, à ceux dont l’avenir est incertain.