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RSSPersonne ne veut être sans abri
« L’itinérance est un mode de vie misérable », déclare Michael Groh. « J’ai été volé et battu. J’ai dormi dans des buissons, des escaliers de secours et des cabanes en carton. Les soirs d’hiver, les policiers collaient une pièce d’identité sur mes vêtements au cas où je mourrais de froid pendant la nuit. Je vivais quotidiennement dans la peur. »
L’itinérance est un problème qui va en s’aggravant au Canada. On estime que le pays compte 100 000 sans‑abri, qui dorment sur des bancs de parc ou sous des ponts. Les plus chanceux font la tournée des canapés de leurs amis.
Les gens deviennent itinérants pour diverses raisons : perte d’un emploi, séparation, maladie mentale ou toxicomanie. Michael Groh était un homme d’affaires prospère avant de prendre l’habitude de jouer. Il est rapidement devenu dépendant au jeu. « J’ai subi de graves pertes financières, et je me suis tourné vers l’alcool pour engourdir ma souffrance. À cause de ma consommation excessive d’alcool, je me suis retrouvé en prison. J’ai perdu mon entreprise et ma femme, et ma famille m’a laissé tomber. Après un séjour de 90 jours en prison, je suis allé vivre dans la rue », raconte‑t‑il.
« La vie était difficile, mais j’étais fier de survivre au défi que représentait mon existence de sans‑abri. Puis, l’hiver est arrivé. La survie n’était plus un jeu. Je m’assoyais sur les grilles d’aération du métro. J’errais dans des centres commerciaux jusqu’à ce que les agents de sécurité me mettent à la porte. J’avais de la difficulté à trouver de la nourriture.
« Mes amis étaient des toxicomanes, des handicapés mentaux et des criminels. Je volais de l’argent pour satisfaire ma dépendance à l’alcool. J’étais inutile et lamentable. J’avais le choix entre deux voies : boire et mourir, ou trouver de l’aide et rester sobre.
« Je connaissais l’Armée du Salut, une organisation de bienfaisance à laquelle mes parents faisaient des dons. Quand je vivais dans la rue, je passais parfois devant des publicités de l’Armée qui disaient que la pauvreté ne disparaîtrait pas d’elle‑même. Je me suis dit qu’ils pourraient peut‑être m’aider.
« Quand j’ai demandé de l’aide à l’Armée du Salut, je possédais une valise, trois chandails et une paire de bottes de cow‑boy. Le personnel de l’Armée m’a donné des vêtements, de la nourriture et un toit. Mais par‑dessus tout, il m’a aidé à surmonter les problèmes que j’évitais de regarder en face depuis des années.
« Mon cheminement pour vaincre ma dépendance à l’alcool a duré trois ans. Aujourd’hui, je ne suis plus seul, affamé, et désespéré. Je ne songe pas au suicide et personne ne vient voler mes chaussures pendant mon sommeil. J’ai établi une relation avec les membres de ma famille.
« L’Armée du Salut m’a fait comprendre que je n’étais pas obligé de vivre dans la rue. Elle m’a sauvé la vie. »
Services d’hébergement de l’Armée du Salut
Le Territoire du Canada et des Bermudes de l’Armée du Salut administre 52 refuges d’un océan à l’autre, et fournit un quart de tous les lits d’hébergement. Cependant, offrir un abri ne constitue que le début. Dix‑huit établissements offrent également des programmes en établissement de désintoxication, de services correctionnels, de lutte à la violence familiale et d’accueil de mères célibataires.
En 2009, l’Armée du Salut, en collaboration avec les gouvernements et les collectivités, ouvrira deux nouveaux refuges. En mai, au centre‑ville de Toronto, un édifice de sept étages ouvrira ses portes. L’édifice comportera quatre éléments principaux : une église communautaire de 125 places, un service d’hébergement temporaire de 90 unités, une aile d’hébergement de 85 places avec services de soutien, à l’intention d’une clientèle masculine, et des services aux immigrants (p. ex., des cours d’anglais langue seconde).
En octobre, à Langley (C.‑B.), l’inauguration du centre Gateway of Hope offrira des possibilités encourageantes aux sans‑abri et à ceux qui risquent de le devenir. L’établissement fournira 30 lits d’hébergement d’urgence pour hommes et femmes, 25 lits temporaires de soutien pour hommes et femmes autonomes, ainsi qu’un centre qui servira des repas sept jours par semaine aux personnes à risque. En outre, l’édifice abritera l’administration des services communautaires et d’aide à la famille et une église de l’Armée du Salut.
« Nous abordons le problème de l’itinérance de manière holistique », explique M. Andrew Burditt, directeur des relations publiques pour le territoire du Canada et des Bermudes. « Nous aidons les sans‑abri à régler leurs problèmes. Souvent, l’itinérance est un problème aggravé par d’autres facteurs, comme la précarité d’emploi, les problèmes conjugaux, la maladie physique ou mentale et la toxicomanie. L’Armée du Salut encourage les clients à regarder leur situation en face, et les aide à découvrir ce qu’ils doivent changer. »