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Ne pas avoir un toit au-dessus de la tête

Sans-abri. Ce n’est pas un mot que Al Hemmerling aurait cru un jour utiliser pour se décrire. Pendant l’été 2006, cependant, ce terme résumait parfaitement sa situation.

Aux prises avec un handicap physique et des troubles de santé mentale, Al se retrouva sans travail. Puis, la maison qu’il partageait avec sa fille adolescente est devenue inhabitable. « Il y avait de l’eau qui coulait du plafond. En allumant la lumière, j’ai reçu un choc électrique et j’ai dû être hospitalisé », dit-il.

« C’était l’un de plusieurs incidents ayant trait à la sécurité dans la maison », explique Al, « et le propriétaire ne faisait aucune rénovation ». Le litige a finalement été soumis à l’arbitrage, mais entre-temps, Al était sans logis.

Tandis qu’il cherchait un nouveau logement, Al envoya sa fille vivre avec son ex-femme. Cependant, son allocation d’invalidité ne lui permettait pas de trouver un loyer suffisamment grand pour lui et sa fille.

C’est à ce moment qu’il s’est adressé à l’Armée du Salut, où on lui a fourni une tente qu’il a installée dans un vieux verger. Il y a vécu pendant quatre mois.

Café, conversation et soutien

À 37 ans, c’était la première fois qu’Al n’avait pas un toit au-dessus de la tête. Il n’avait jamais compris ce que signifiait l’itinérance jusqu’à ce qu’il en soit la victime. « J’étais de ceux qui disent “Il est sans abri, c’est un bon à rien”. Aujourd’hui, c’est moi qui suis dans cette situation », dit Al.

À l’Armée du Salut, Al trouva le soutien dont il avait besoin. « Je me sentais accepté et utile, ce qui m’a redonné confiance en moi », confie-t-il.

Ce qui a commencé par une simple tasse de café, le matin, s’est transformé en bénévolat. Al passe à la banque alimentaire presque tous les jours, où il trie la nourriture, balaie et lave le plancher.

Après avoir passé quatre mois dans une tente, Al a trouvé un logement. Il insiste sur le fait qu’il a été forcé à devenir un sans-abri—il ne l’a pas choisi. « Lorsque je vivais dans la tente, il y avait une personne âgée qui avait travaillé pendant toute sa vie. Tout d’un coup, sa pension ne suffisait plus à couvrir ses dépenses. Plus la ville grandit, plus le prix des loyers augmente, et plus il y a de gens qui se retrouvent à la rue ».

Heureusement qu’il existe des soupes populaires, des programmes de repas chauds et des banques alimentaires. Quand on lui demande si un séjour dans un refuge peut aider, Al répond : « Absolument. Cela fait une grande différence. On y trouve du café, quelqu’un avec qui parler et du soutien ».

« Si vous montrez aux sans-abri que vous vous préoccupez de leur sort, vous les encouragez. Personne ne choisit l’itinérance. Nous voulons contribuer à la société ».

Martha Wickett

Photo : James Murray - Salmon Arm Observer
Salmon Arm Observer, 17 janvier 2007, Salmon Arm (C.-B.)

En 2008, l’Armée du Salut a :

• offert de la nourriture, des vêtements et de l’aide concrète à 868 000 personnes;
• fourni, chaque nuit, dans tout le Canada, 6 370 lits à des personnes vulnérables aux prises avec des problèmes de dépendance et de santé mentale ou participant à des programmes de désintoxication;
• servi 2,6 millions de repas;
• offert de l’aide à 1,5 million de personnes;
• vu 2 560 personnes terminer avec succès un programme de désintoxication.