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Je ne suis pas à vendre
Posted By John McAlister On jeudi 17 septembre 2009 à 06:14 In News | No Comments
L’esclavage existe encore. Parlez-en à Tasha. Celle-ci vivait dans le nord de la Colombie-Britannique. Elle était adolescente lorsqu’elle a compris que son frère plus âgé était passeur de drogue et toxicomane. Lorsque Tasha avait 15 ans, son frère est parti de la maison en lui disant qu’il voulait se débarrasser de sa dépendance. Trois ans plus tard, il lui a téléphoné pour lui demander d’aller vivre avec lui à North Vancouver. Il disait qu’il se sentait seul et qu’il pourrait lui trouver du travail. Cette année-là, Tasha avait obtenu son diplôme d’études secondaires.
Quand Tasha est allée vivre avec son frère, elle a vite compris qu’il était toujours toxicomane. Un soir, des hommes sont entrés par effraction dans l’appartement. Ils ont battu le frère de Tasha et l’ont obligé à regarder pendant qu’ils la violaient. Quelques semaines plus tard, le frère de Tasha l’a emmenée dans un party où il a consommé de l’alcool et des drogues. Il l’a ensuite obligée à avoir des relations sexuelles avec deux hommes afin de payer la drogue qu’il venait de prendre. Sur le chemin du retour, il a pleuré et s’est excusé, mais plus tard, il a menacé de la livrer à ces hommes si elle parlait de cette histoire à quelqu’un ou si elle tentait de partir. Par la suite, les hommes sont revenus cinq fois afin de livrer de la drogue au frère de Tasha. Chaque fois, elle a été violée en guise de paiement. .
Cinq mois plus tard, Tasha elle est partie et a obtenu un emploi de monitrice dans une organisation chrétienne. Mais les hommes allaient régulièrement chez elle et lui disaient : « C’est le temps de payer la facture de ton grand frère ». Ils menaçaient de la tuer si elle refusait de les laisser entrer. C’était habituellement les trois mêmes hommes qui se présentaient, et ils la violaient chaque fois.
Finalement, quelqu’un a remarqué que Tasha avait souvent des yeux au beurre noir et des contusions, et on lui a offert un refuge. Cependant, avant de partir, Tasha est retournée chez son frère pour lui dire qu’elle avait fini de payer ses dettes de drogue. Son frère l’a fait entrer de force dans une maison de North Vancouver, où elle a été gardée prisonnière. Tasha a fini par s’enfuir le jour où on lui a confié une livraison de cocaïne. Aujourd’hui, elle vit dans un foyer-refuge et essaie de trouver le courage de révéler aux policiers l’identité des hommes qui l’ont violée – et de parler de son frère, qui l’a vendue.
Le programme Night lights
Le trafic de personnes est une forme d’esclavage : il s’agit du commerce d’êtres humains à des fins d’exploitation sexuelle. La plupart des victimes du trafic sexuel sont des femmes et des enfants qui perdent leur dignité et le contrôle de leur corps pour répondre à la demande de l’industrie du sexe. Le trafic sexuel représente une industrie de dix milliards de dollars par année. Dans le cadre de cette industrie, des personnes vulnérables sont transportées d’une ville à une autre, d’une province à une autre ou d’un pays à un autre.
Les victimes du trafic sexuel ne se trouvent pas seulement dans les maisons de prostitution de l’Inde et les rues de la Thaïlande. Elles se trouvent également au Canada, où des femmes comme Tasha sont attaquées et exploitées, souvent par des membres de leur famille ou des amis en qui elles ont confiance.
Personne ne sait exactement combien de personnes sont amenées au Canada chaque année dans le cadre du trafic sexuel, mais on s’attend à ce que leur nombre augmente lors des Jeux olympiques de 2010, qui attireront de nombreux visiteurs étrangers. « Vancouver a déjà un problème relativement au trafic sexuel. Des jeunes femmes provenant des collectivités autochtones et d’autres régions du Canada s’y prostituent ouvertement », explique la major Winn Blackman, secrétaire divisionnaire des œuvres féminines de l’Armée du Salut en Colombie-Britannique. « Nous craignons que beaucoup d’autres femmes soient emmenées à Vancouver et exploitées sexuellement avant et pendant les Jeux olympiques ».
L’Armée du Salut collabore avec d’autres églises et organisations aux vues similaires afin de prévenir le trafic sexuel en sensibilisant la population à ce sujet. L’Armée se dévoue également à repérer, à protéger et à aider les victimes du trafic.
Depuis quelques années, un groupe de jeunes salutistes participent au programme Night Lights, à Vancouver, qui vise à repérer les personnes victimes d’exploitation sexuelle dans les rues du tristement célèbre Downtown Eastside.
Au Québec, le comité de lutte contre le trafic de personnes de l’Armée du Salut collabore avec la police et d’autres fournisseurs de services afin de prévenir le trafic sexuel et de protéger et d’aider ceux qui en sont victimes. La capitaine Rachele Lamont et son mari, le capitaine Jean-Curtis Plante, ont mis en œuvre une église de l’Armée du Salut dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal. Dans le cadre de leur stratégie, ils tentent d’établir une relation avec des travailleurs du sexe afin que ceux qui désirent s’en sortir puissent se rendre dans un milieu sûr qui leur offrira des services de counselling et leur permettra d’acquérir des connaissances pratiques.
Dieu n’a jamais voulu que l’être humain soit traité comme une marchandise. Joignez-vous à l’Armée du Salut et prenez position contre le trafic sexuel et pour le respect et la dignité humaines.
Que pouvez-vous faire pour combattre le trafic de personnes?
Priez et incitez d’autres personnes à prier pour les victimes du trafic de personnes.
Informez-vous sur le sujet.
Organisez une activité visant à communiquer de l’information sur le sujet.
Parlez du trafic de personnes avec vos amis, les membres de votre église, votre famille, etc.
Dénoncez le sexisme et les inégalités entre les sexes que vous remarquez quotidiennement.
Évitez la pornographie sous toutes ses formes.
Écrivez à votre député pour lui transmettre vos inquiétudes relativement au trafic de personnes.
Soyez aux aguets afin de repérer les victimes éventuelles du trafic de personnes, et signalez sans délai les cas suspects.
Rochelle McAlister
Du 25 au 27 septembre, aura lieu la fin de semaine de prière de l’Armée du Salut pour les victimes du trafic sexuel. Pour de plus amples renseignements, visitez le www.salvationist.ca/trafficking
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