logo
 

Bienvenue sur le site officiel de l’Armée du Salut


Salvationist.ca
| SalvationArmy.org

 

Recherche dans le site


archives Trouver une entité de l’Armee du Salut

archives Consulter les archives
 

Syndication

RSS Feed RSS

De l’espoir au milieu de la tragédie

hope_haiti.jpgJeff Noel regardait à la télévision un reportage sur le séisme de Port-au-Prince, en Haïti, lorsque la sonnerie de son téléphone a retenti. C’était son patron, qui lui a demandait s’il accepterait d’aller passer un mois en Haïti dans le cadre des services d’urgence et d’aide aux sinistrés de l’Armée du Salut.

« Inutile de préciser que j’ai répondu par un “oui” empreint d’empathie », raconte Jeff. « J’avais été formé pour ce genre de situation, et c’était un honneur pour moi d’être choisi. »

Logistique
Directeur d’une équipe de services d’urgence et d’aide aux sinistrés pour l’Armée du Salut, Jeff était amplement qualifié pour la tâche. Au secondaire – à Terre-Neuve-et-Labrador, sa province d’origine – il avait fait partie du service d’Ambulance Saint-Jean, et il s’était toujours intéressé aux secours d’urgence. À titre de membre de l’Armée du Salut, il avait participé aux opérations de secours dans le cadre du débordement de la rivière Rouge, en 1997, au Manitoba, de la mémorable tempête de verglas qui avait frappé l’est de l’Ontario et le Québec en 1998, des attentats du 11 septembre 2001, de l’ouragan Ike, en Amérique du Sud, en 2008, et « partout où des gens avaient besoin d’aide après une catastrophe naturelle ou causée par l’homme ». En compagnie d’une équipe d’officiers canadiens de l’Armée du Salut, il avait suivi un cours sur les mesures à prendre lors d’une catastrophe partout dans le monde, ce qui l’avait préparé à travailler en Haïti.

Après avoir fait escale à Toronto, en Floride et en République dominicaine, Jeff est parti pour Port-au-Prince dans un vieil avion qui « tenait avec de la broche à foin et de la colle de baveux ».

Jeff avait déjà été mis au courant de sa tâche avant l’atterrissage. Par une chaleur de 35 °C, il allait travailler à la logistique au sein de l’aéroport, en collaboration avec des salutistes d’origine australienne, britannique et américaine. « Les envois d’eau et de nourriture sortaient des avions sur des palettes et étaient déposés dans les champs qui avoisinaient les pistes. Nous devions les charger dans des camions en vue de la distribution. Comme nous ne disposions pas de machinerie lourde, nous devions tout faire manuellement. C’était un travail éreintant, mais si nous n’arrivions pas à charger les provisions dans les camions selon l’horaire prévu, la population allait en souffrir.

« Au bout du compte, il fallait que les gens mangent. C’était notre objectif et nous devions l’atteindre. »

Murmures d’espoir
Petit à petit, Jeff et ses collègues ont mis de l’ordre dans le chaos. Un entrepôt a été érigé afin de protéger les fournitures, et un précieux chariot élévateur à fourche – tout équipé, avec plaques du Québec – est apparu. « Je ne sais pas comment il est arrivé là », se demande Jeff avec admiration.

Lors du départ de Jeff, après un mois de travail ininterrompu et acharné, la distribution de nourriture avait lieu d’une manière extrêmement efficace, qui démontrait avec éloquence les efforts énormes déployés par les salutistes et les Haïtiens.

Jeff a retiré de son expérience un profond respect pour les personnes avec qui il a travaillé.

« Ils sont habitués au malheur », déclare-t-il. Il a travaillé avec un homme qui a passé deux jours à dégager le corps de sa femme et de sa mère des décombres de sa maison, pendant que ses trois enfants restaient dans la seule chambre restée intacte. « Il a fini par envoyer ses enfants à sa belle-mère afin de travailler avec nous. Il essayait simplement de survivre », explique Jeff.

« J’ai vu de l’espoir au milieu de la pauvreté et de la tragédie », poursuit-il. « Le samedi et le dimanche matin, nous entendions la musique qui se répandait dans la ville lorsque les gens étaient rassemblés dans les églises. C’était incroyable. Je ne comprenais pas les paroles, mais je connaissais les airs chantés en français et en créole. J’avais le cœur plus léger en voyant que la pauvreté et les catastrophes n’ébranlaient pas la foi de ces gens. »

Jeff sait que les Haïtiens sont travailleurs et intelligents. « Leur capacité à rebondir est plus forte que jamais. Ils veulent de l’aide, et non pas de la charité. Je suis convaincu qu’avec notre aide, ils s’en sortiront. »

Jeff y retournerait-il? « Oui, sans hésiter », affirme-t-il, « et j’y retournerais avec une affection encore plus profonde pour la population d’Haïti. J’irais en courant. »

Ken Ramstead