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Des évaluateurs de l’Armée du Salut au Pakistan cherchent à aider les gens qui ont perdu espoir (mise à jour 2)

pakistan2.jpgL’Armée du Salut au Pakistan continue de mettre en place des préparatifs pour une intervention à grande échelle, à la suite des inondations dont sont victimes plus de 14 millions de gens.

Andrew Lee, chef comptable de l’Armée du Salut au Pakistan, fait partie de l’équipe d’évaluation chargée de déterminer le type d’aide le plus prioritaire que l’Armée du Salut est en mesure d’apporter.

Il écrit qu’un des premiers emplacements où l’équipe s’est rendue fut un centre d’aide aux sinistrés au sein de l’école St Mary’s, à Risalapur. Environ 120 familles y sont hébergées. Elles sont surtout chrétiennes, mais il y a aussi des familles musulmanes et hindoues. La plupart proviennent de Syce Mandi, où les maisons ont été entièrement détruites.

« J’ai vu beaucoup de visages tristes et affligés », déclare-t-il. « Après avoir parlé à quelques personnes, je n’ai pas senti qu’il leur restait de l’espoir. Je me suis senti moi-même désolé. Alors, puisque nous ressentions le besoin de faire quelque chose, nous sommes revenus plus tard avec un contenant de lait en poudre (il y a pénurie de certaines denrées alimentaires) et des friandises, ce qui a semblé remonter le moral de ces gens. Ce n’est qu’un geste symbolique, mais cela valait la peine pour moi de voir leur mine quelque peu réjouie. »

« L’étape suivante était une autre école à Nowshera, où étaient hébergées près de 30 familles. Nous y avons rencontré des représentants de l’organisme médical OM qui apportaient des médicaments et des vaccins à plusieurs camps d’aide aux sinistrés. C’est beau de voir différentes organisations qui contribuent à venir en aide aux millions de victimes des inondations. »
« Pendant que de fortes averses se poursuivaient, je me suis entretenu avec trois veuves accompagnées d’une multitude d’enfants, qui occupaient tous une salle de classe. Elles exprimaient encore plus de tristesse et d’impuissance. Parce qu’elles n’ont plus de maris pour assurer leur subsistance et qu’elles ont perdu tous leurs biens, elles ont peu de possibilités de refaire leur vie sans aide. »

« Nous sommes allés à Charsadda, où des réfugiés avaient dressé des tentes le long des routes. Des camions qui transportaient des chapatis (pains sans levain) ont été pris d’assaut par la foule, et les gens ont commencé à se battre pour tenter de s’approcher. Des voitures ont également été prises d’assaut lorsqu’elles se sont arrêtées pour donner de l’aide. Dans la ville, on nous a conduits dans de petites rues près de la berge de la rivière, où nous avons vu quelques habitations endommagées. »

L’équipe s’est ensuite dirigée plus près de la rivière, à l’endroit où les inondations ont causé le plus de dégâts. « Parfois, la boue était si épaisse que nos bottes étaient prises dedans. Tandis que je marchais dans les rues, des résidents qui demeuraient encore dans leurs maisons gravement endommagées ont été surpris de me voir. Selon ce qu’ils m’ont dit avec l’aide d’un interprète, il semble qu’aucun représentant d’une autorité publique ou d’une organisation non gouvernementale (ONG) ne soit venu dans le secteur depuis neuf jours. J’étais le premier qu’ils voyaient depuis ce temps, et je me suis encore une fois senti triste que je ne puisse leur donner toute autre forme d’aide que le simple fait d’être là. »

« Un père de famille transportait ses deux enfants au-dessus du niveau de l’eau qui lui arrivait aux genoux. Sa fille a laissé tomber une de ses chaussures. Je suis parvenu à la récupérer et à la lui remettre. Un petit geste bienveillant suscite quelques sourires. »

« Arrivés à environ 30 mètres du bord de la rivière, nous avons dû finalement nous arrêter car le plan d’eau remontait. En me promenant dans les ruelles inondées, j’ai vu que les maisons étaient effondrées, couvertes de vase ou gravement endommagées. Un propriétaire m’a montré sa maison à deux étages et m’a fait remarquer que les eaux avaient atteint le second étage. Toute sa famille est restée sur le bord de la toiture pendant environ deux jours jusqu’à ce que les eaux se retirent, avec la crainte que la maison s’écroule et que la famille se retrouve dans la rue. Tous leurs biens ont été abîmés par la boue et l’eau de la rivière.

« Ça m’attriste que quatorze millions de personnes soient victimes des inondations, et je suis troublé de ne pas pouvoir les aider davantage. En réalité, nous ne pouvons aider tout un chacun. Avec toutes les ressources dont nous disposons, nous tenterons de les aider du mieux que nous pourrons, en collaboration avec les autorités publiques et différents ONG. Bien que les personnes à qui j’ai parlé aient perdu espoir, je crois que les Pakistanais peuvent refaire leur vie, s’il y a de la bonne volonté et de la coopération générale. »
Le capitaine Washington Daniel (qui dirige la division d’Islamabad de l’Armée du Salut) ajoute : « Nous avons rencontré les membres de l’équipe de l’évêque de Peshawar, et ils nous ont souhaité la bienvenue. Ils sont très reconnaissants de la présence de l’Armée du Salut et de notre coopération. Pendant cette rencontre, nous avons discuté des moyens dont nous pouvons aider les gens qui ont subi de si nombreuses pertes. »

« Ils nous ont fourni une liste de noms de gens qui résident dans d’autres régions afin d’éviter de faire double emploi pour les mesures de secours. Je leur ai dit que l’Armée du Salut essayerait de fournir des ustensiles de cuisine et des assiettes, des couvertures, des oreillers, des matelas de mousse et des brûleurs à bouteille de gaz. Près de 3 000 familles qui ont besoin d’aide font partie de la liste qu’on nous a remise. »

Le capitaine a également rencontré un représentant du gouvernement, qui a offert son soutien.