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Aider les toxicomanes avec l’art-thérapie
Posted By John McAlister On mardi 17 août 2010 à 10:05 In News | No Comments
C’est une fois par semaine que l’atelier d’art-thérapie regroupe les résidants du Centre Booth, le centre d’hébergement pour hommes de l’Armée du Salut à Montréal. Pendant deux heures, les six participants vont explorer leur vécu, leurs états d’âmes, leurs visions de l’avenir, par l’intermédiaire de la création artistique.
L’art-thérapie tire ses principes de la psychologie et des arts visuels et utilise l’expression artistique comme moyen de communication. Ce n’est pas un cours de dessin. Il s’agit d’exprimer ce que l’on ressent ou ce que l’on vit, d’abord de manière non verbale, en expérimentant différents outils tels que le dessin, la peinture, le collage ou la sculpture. Ce processus thérapeutique est d’autant plus utile dans le cas du traitement des dépendances puisqu’il permet de travailler sur les aspects du passé qui sous-tendent le problème de toxicomanie.
Ainsi, Fiona Smith, art-thérapeute, propose un thème de travail différent chaque semaine. Que l’activité consiste à « créer une image pour se présenter », à « représenter ses forces » ou à « dessiner les émotions les plus présentes en soi en ce moment », chaque participant appréhende l’exercice à sa manière. « Au début, on note souvent des réactions dues à l’inconfort : certains participants vont beaucoup blaguer, d’autres vont se montrer très réservés face à l’exercice. Il faut dire que plusieurs n’ont pas utilisé ces matériaux de dessin depuis l’enfance, ce qui peut faire remonter souvenirs et émotions », explique-t-elle.
D’où l’importance, dès la première rencontre, de créer un espace de confiance où les participants peuvent être en contact avec eux-mêmes. Pour beaucoup d’entre eux, les tours de table facilitent beaucoup l’instauration d’un climat paisible, propice à la création et à l’ouverture sur soi et aux autres durant la séance. Il s’agit de mettre des mots sur l’état d’esprit du moment : « Aujourd’hui ça va plutôt bien, mais je prends la vie une journée à la fois », affirme Yuri avec un humour teinté de gravité. Au fur et à mesure, les participants se concentrent sur la thématique de travail, peaufinent leurs œuvres, prennent une pause pour réfléchir, jettent un coup d’œil sur la feuille des voisins…
Après le temps imparti à la création, tantôt silencieux tantôt animé, débute l’étape où les participants, s’ils le souhaitent, parlent de leurs œuvres lors de la discussion de groupe. « Un moment où ils peuvent se sentir vulnérables car ils sont face à eux-mêmes, à leur histoire », ajoute Fiona Smith. Le groupe, tout comme la thérapeute, ont ensuite la possibilité de poser des questions et d’émettre des commentaires.
Plusieurs semaines plus tard, l’évolution se fait sentir. Les dessins conservés retracent le chemin parcouru par chacun depuis la première session. « En arrivant ici, beaucoup de résidants arborent une façade qu’ils ont créée avec le temps et qui, peu à peu, a pris beaucoup de place dans leur vie. Au niveau de leurs œuvres, cela se traduit souvent par des images très sombres, parfois binaires, où les émotions mixtes n’ont pas leur place. Par la suite, un déclic se fait et ils s’ouvrent à eux-mêmes. Quand ils entrent en contact avec eux-mêmes, c’est pour moi le plus beau moment. Ils s’ouvrent à de nouvelles façon d’être et partagent leurs espoirs pour l’avenir Ils deviennent plus présents au sein du groupe, une nouvelle dynamique s’installe. »
Les plus anciens prodiguent des encouragements aux nouveaux venus. Jonathan, un résidant de 36 ans ayant parcouru les six mois du programme, raconte : « En arrivant, je voyais tout noir, je ne me reconnaissais pas. J’ai appris à me redécouvrir, à m’imaginer qui j’étais et qui je serai. J’ai compris ce qu’était l’estime de soi grâce à cet atelier. J’ai reconnu ma propre valeur. »
L’atelier est relativement récent à l’Ancrage, le programme de réhabilitation pour alcooliques et toxicomanes du Centre Booth, et à l’heure actuelle son avenir est incertain. Pour soutenir l’atelier d’art-thérapie, les résidants ont pris l’initiative d’écrire des lettres de témoignage en vue de continuer à le recevoir. Dorothée Balladur, responsable du programme précise : « L’Ancrage est en pleine expansion, d’ailleurs nous avons reçu l’accréditation du ministère de la Santé et des Services sociaux dernièrement. » Malgré cette tendance au développement, seulement six places sont offertes au sein de l’atelier d’art-thérapie, alors que le service compte 57 lits. « Autant dire que chaque place qui se libère est convoitée : les anciens participants font même preuve de prosélytisme auprès des nouveaux et les incitent à s’y inscrire! », mentionne-t-elle.
L’atelier d’art-thérapie agit de manière complémentaire avec tous les autres services proposés aux résidants de l’Ancrage. Cet atelier novateur, on l’espère, s’inscrira de manière durable au sein du programme de luttes contre les dépendances.
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Le Centre Booth est un centre d’hébergement communautaire depuis plus de 50 ans, qui vise à améliorer la qualité de vie des hommes de dix-huit ans et plus en difficulté et/ou à risque d’itinérance, en offrant des services adaptés à leurs besoins particuliers. Il peut accueillir jusqu’à 207 résidents. L’hébergement comprend les repas, les soins de base, l’accès à diverses activités et à d’autres services.
Le programme l’Ancrage est un programme de réhabilitation, au sein du Centre Booth, pour les hommes ayant des problèmes de dépendance reliés à l’alcool, aux drogues et au jeu. Le participant n’est confronté qu’à lui-même. En changeant ses habitudes de vie, il fait face à ses limites et doit trouver les moyens de les dépasser. Le groupe et les intervenants l’accompagnent et le soutiennent dans sa démarche. Un encadrement adapté aux besoins individuels est offert 24 heures sur 24, sept jours sur sept. La durée du programme varie de 6 mois à 2 ans, selon le rythme de croissance de chacun.
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