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Un contre-amiral à la retraite fait du bénévolat

salvationarmy_navalcomm.jpgLa retraite anticipée s’est révélée enrichissante pour Roger Girouard, ex-contre-amiral des Forces maritimes du Pacifique. Originaire de Montréal, le contre-amiral Girouard a fait ses adieux à la Marine en 2007, après une carrière de 34 ans. Ce leader apprécié aurait pu continuer à gravir les échelons de la hiérarchie navale, mais il a choisi de prendre sa retraite à 50 ans pour être auprès de sa femme, Becki, atteinte de sclérose en plaques. Le couple s’est installé à Sooke.

Peu enclin à se reposer sur ses lauriers, le contre-amiral Girouard n’a pas mis de temps à se lancer dans deux occupations qui l’intéressaient depuis longtemps : l’enseignement et le travail communautaire. Il enseigne dans le cadre du programme de maîtrise en sécurité humaine et consolidation de la paix à la Royal Roads University, et consacre un temps considérable au conseil consultatif de l’Armée du Salut et à la Greater Victoria Coalition to End Homelessness (coalition pour mettre fin à l’itinérance dans la région métropolitaine de Victoria).

« L’enseignement me permet d’aider les gens à se réaliser », explique le contre-amiral Girouard. « Et je m’intéresse à la justice sociale parce que je veux voir les gens s’épanouir. Dans les deux cas, c’est la même chose : je m’efforce de maximiser le potentiel humain. »

Le contre-amiral Girouard trouve son inspiration auprès des gens avec lesquels il travaille, plus particulièrement les bénévoles de l’Armée du Salut qui ont traversé des périodes difficiles et ont transformé leur vie. « Je peux comprendre l’envergure des problèmes qu’ils ont rencontrés et des montagnes qu’ils ont gravies. Le fait qu’ils aillent de l’avant et continuent à faire des choses utiles me donne de l’énergie. »

Pour le contre-amiral Girouard, Victoria est de toute évidence un « lieu axé sur le bénévolat », où les gens s’efforcent de résoudre des problèmes importants, comme le manque de logements abordables et la situation des démunis.

Le contre-amiral Girouard a commencé à faire du bénévolat pour l’Armée du Salut pendant qu’il était encore dans la Marine. « J’ai commencé à collaborer avec l’Armée du Salut à l’époque où je portais encore l’uniforme. La tradition voulait que l’amiral soit membre honoraire du conseil de l’Armée du Salut. À leur grande déception, je me suis présenté à de nombreuses réunions, et j’ai aimé l’expérience », ajoute-t-il en souriant. L’Armée a demandé au contre-amiral Girouard de rester au conseil après sa retraite, et il a accepté avec joie. « Je suis devenu l’agent de liaison entre l’Armée et le centre de réadaptation pour toxicomanes sur la rue Johnson. »

Le contre-amiral décrit le centre de la rue Johnson comme un « trésor caché » dans la ville. « Tout le monde sait où se trouve l’édifice, mais les gens ne savent pas tous ce qui s’y passe. Ils ne savent pas qu’on y héberge environ deux cents personnes, que le personnel fait de la réintégration pour les services correctionnels du Canada, offre des services de réadaptation pour les toxicomanes, et toutes sortes d’autres services. »

C’est dans le cadre de son bénévolat pour l’Armée du Salut que le contre-amiral Girouard a reçu une invitation de Mel Cooper, un autre pilier de la collectivité, à se joindre à la Coalition to End Homelessness. Le contre-amiral Girouard a accepté et a fini par siéger au comité de gestion de la coalition. En outre, il participe à l’organisation du Victoria Tall Ships Festival (festival des grands voiliers de Victoria). « J’ai mis trop de temps à retirer mon offre d’engagement, alors je suis maintenant président de Tall Ships » explique-t-il en riant.

De son propre aveu, son expérience dans la Marine lui est utile dans ses activités communautaires. « Ces activités requièrent toutes le même type de compétences, le même type de pensée systémique et d’analyse et le même comportement de type A qui exige des résultats rapides. » Le contre-amiral estime que le manque de logements abordables est le « principal problème » à Victoria. Des mesures ont été entreprises pour y remédier et quelques projets immobiliers sont en cours, mais il reste beaucoup à faire, selon lui. Il ajoute qu’il ne suffit pas de consacrer de l’argent à des projets. « Il ne s’agit pas seulement d’offrir un toit. C’est une combinaison de facteurs. Il faut également redonner aux gens leur estime de soi, leur sens de la dignité. »

Selon le contre-amiral Girouard, il est également essentiel d’offrir des systèmes de soutien et de mettre en place des mesures incitatives pour obtenir un logement abordable. « Peut-être des politiques provinciales favorisant des mesures de soutien? Ou le prélèvement d’un impôt sur le logement par le DRC? Combien y a-t-il de terrains vacants? Serait-il possible d’en obtenir quelques-uns grâce à des dons en nature d’une collectivité? »

Selon le contre-amiral Girouard, il y a à Victoria des bénévoles capables de s’attaquer à ces problèmes, et à bien d’autres, et d’améliorer la vie de tout le monde.

Gracieuseté de Jeff Bell, Victoria Times Colonist