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Un toxicomane demande de l’aide afin de retrouver sa fierté et sa dignité

salvationarmy_rory.jpgIl croyait que c’était la seule issue. « Je pensais qu’en disparaissant, je réglerais mes problèmes », avoue Rory, âgé de 43 ans. « J’étais assez fou pour croire qu’une nouvelle vie m’attendait. »

Rory était un alcoolique non avoué lorsque son mariage, qui durait depuis 15 ans, a pris fin. Lorsque la mère de ses deux fils a obtenu le divorce, Rory s’est retrouvé seul, déprimé et désolé. Toxicomane fonctionnel, il noyait ses problèmes dans l’alcool et continuait à gérer son entreprise. Il était compagnon mécanicien et construisait des véhicules sur mesure.

L’accident
Par une soirée pluvieuse, après avoir bu plusieurs bouteilles de bière, Rory a fait une sortie de route et frappé une épinette de 30 m de hauteur. Il était à deux doigts de la mort lorsque l’ambulance aérienne l’a transporté de la petite ville de Lacombe jusqu’au University of Alberta Hospital, à Edmonton.

« Le médecin a dit à ma famille que je risquais de mourir pendant la nuit, raconte Rory. J’étais dans le coma et j’avais subi une trachéotomie visant à m’empêcher de suffoquer. Des tubes avaient été introduits dans ma cage thoracique afin d’insuffler de l’air dans mes poumons affaissés. Dix de mes côtes étaient cassées. En outre, j’avais reçu 120 points de suture sur la joue gauche et perdu toutes mes dents de ce côté.

Au grand étonnement des médecins, Rory est revenu à lui quatre jours seulement après l’accident, dont il n’avait aucun souvenir. Neuf jours plus tard, il est rentré chez lui.

Toxicomanie
« Pendant des mois, j’ai été incapable de travailler, raconte Rory. Je recevais divers revenus d’invalidité. J’avais du temps libre et de l’argent, ce qui a entraîné ma chute. Même si l’alcool avait été ma substance préférée pendant plus de vingt ans, j’ai commencé à consommer du crack, qui m’abrutissait et me permettait d’oublier temporairement mes problèmes.

« Cependant, la drogue a progressivement pris le contrôle de ma vie, poursuit Rory. Au plus fort de ma dépendance, je consacrais 1 000 $ par jour à l’achat de crack, et je consommais aussi longtemps que je pouvais rester éveillé – parfois jusqu’à deux semaines d’affilée. Au début, l’argent ne manquait pas. Puis, les factures ont commencé à s’empiler.

« Rien ne m’intéressait en dehors de la drogue. Rapidement, j’ai perdu ma maison, mon entreprise et la garde de mes deux fils adolescents. Lorsque j’ai emménagé dans le sous sol de mes parents, le sentiment de honte que je ressentais était insupportable. »

Rory avait été élevé par des parents chrétiens qui ne demandaient qu’à l’aider. Ils souhaitaient seulement que leur fils se débarrasse de sa dépendance et fasse de meilleurs choix. Son père lui a parlé du programme de réadaptation en établissement (Anchorage) de l’Armée du Salut, à Edmonton. Rory s’est contenté de rire : « J’ai nié avoir un problème », explique-t-il. Quelques semaines plus tard, défait et à bout de forces, il a dit à son père qu’il songeait à suivre le programme offert à Edmonton.

Même s’il s’avait qu’il avait besoin d’aide, la seule pensée de prendre un engagement à long terme et de quitter ses amis épouvantait Rory, ce qui l’a amené à s’enfuir au volant de son camion. Il se trouvait à plus de 500 km de chez lui lorsque la sonnerie de son téléphone cellulaire a retenti. « C’était l’Armée du Salut, raconte Rory. J’ai décidé de donner une chance à la réadaptation. »

Réadaptation
« Il n’est pas facile d’aller au-delà de la peur et de la dépendance, explique Rory. Le programme Anchorage m’a appris à gérer ma colère et ma tristesse, à modifier ma façon de penser et à régler mes problèmes. J’ai vécu une transformation profonde sur les plans émotif, spirituel et comportemental. »

Rory est sobre depuis juin 2009. Il travaille à temps plein aux services alimentaires du centre de réadaptation et entretient une saine relation saine avec ses fils.

« Le fait d’avoir suivi le programme de l’Armée du Salut, d’être devenu sobre et d’avoir appris à le rester m’a donné confiance en moi. Je marche la tête haute, et “désespoir” est un mot qui ne fait plus partie de mon vocabulaire. »