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L’Armée du Salut célèbre ses 130 ans au Canada

130th-anniv_main_476x360.jpgL’Armée du Salut entreprit son œuvre au Canada en 1882, quinze ans après la naissance de la Confédération, et se mit rapidement à l’œuvre pour venir en aide aux personnes dans le besoin.

C’est en juillet de cette année-là que l’Armée commença officiellement ses activités, lorsqu’un officier américain, le major Thomas Moore, en prit le commandement. Il y avait alors, en Ontario, onze « postes » ou congrégations de l’Armée du Salut. Un an plus tard, le Canada devenait un « territoire » indépendant, responsable de sa propre administration au sein de l’organisation salutiste mondiale.

L’Armée du Salut est une branche de l’Église évangélique chrétienne. Au Canada, elle a adopté la philosophie de William Booth, son fondateur, qui consiste à répondre aux besoins physiques, affectifs et spirituels des gens. C’est ainsi qu’est né le concept de « soupe, savon et salut » qui a donné naissance à l’immense réseau de services sociaux que gère aujourd’hui l’Armée du Salut.

À cette époque, l’Armée du Salut et ses méthodes suscitèrent beaucoup d’opposition de la part de politiciens municipaux et d’autres intérêts bien établis. Les salutistes étaient souvent battus et emprisonnés pour les activités qu’ils tenaient dans les rues des villes et des villages du Canada. Malgré cela, le mouvement fut éventuellement accepté lorsqu’il démontra les bienfaits sociaux qui découlaient de ses activités.

Le travail social auprès des hommes débuta en 1890 avec l’ouverture d’une maison de transition pour anciens détenus, le Prison Gate Home, à Toronto. La même année, un foyer pour enfants fut créé. Le premier centre d’hébergement pour femmes enceintes, précurseur des hôpitaux Grace de l’Armée du Salut, fut ouvert à Saint John, au Nouveau-Brunswick, en 1898. En 1901, l’Armée du Salut proposa au gouvernement fédéral l’adoption d’un programme de probation qui donna naissance au premier programme de libération conditionnelle du Canada.

En 1908, un service de récupération (aujourd’hui appelé service de recyclage) fut mis sur pied à Toronto, ouvrant la voie à la création des magasins d’occasions bien connus. Le statut de l’Armée du Salut fut officialisé en 1909, lorsque le Parlement canadien édicta une loi qui accorda à l’organisme une capacité juridique. Sa direction fut confiée au Conseil de direction de l’Armée du Salut au Canada, qui remplit toujours ce rôle aujourd’hui. En 1911, le premier centre de détention pour jeunes délinquants fut établi au Manitoba. Sa gestion fut confiée à l’Armée du Salut. La même année, une colonie agricole voyait le jour à Coombs, en Colombie-Britannique.

En 1914, l’Armée du Salut fut frappée par la tragédie nationale du naufrage de l’Empress of Ireland, dans le fleuve Saint-Laurent, près de Rimouski. Le navire transportait plus de 150 salutistes, en route vers Londres, où ils devaient participer à un congrès international. La plupart d’entre eux, y compris le dirigeant national et les membres de la fanfare de l’état major canadien, périrent. Ce n’est qu’en 1969 que la fanfare de l’état major canadien s’est reconstituée.

La participation du Canada à la Première Guerre mondiale donna lieu à la nomination du premier officier de l’Armée du Salut au poste d’aumônier dans les Forces canadiennes, ainsi qu’au don de cinq ambulances motorisées aux troupes en service outre mer. À la fin de la guerre, l’Armée du Salut établit des centres d’hébergement à Winnipeg, à London, à Kingston, à Toronto et dans d’autres villes, à l’intention des soldats qui revenaient du front. L’innovation en matière de services sociaux se poursuivit avec l’expansion de l’organisme. Le premier foyer pour personnes âgées (Eventide Home) fut fondé à Edmonton en 1926, tandis que des hôpitaux Grace et des centres d’hébergement pour mères célibataires ouvraient leurs portes dans les villes importantes du pays.

Au début de la Deuxième Guerre mondiale, des officiers de l’Armée du Salut accompagnèrent les Forces canadiennes outre mer, non seulement en qualité d’aumôniers, mais comme administrateurs des Maple Leaf Clubs, où les troupes pouvaient se reposer et se distraire. À la fin de la guerre, on comptait des clubs en Allemagne, en Angleterre, en Belgique, en France, en Hollande et en Inde. Le personnel de ces clubs était composé en grande partie d’Auxiliaires de l’Armée du Salut, dont certaines avaient à peine 20 ans. On s’y sentait un peu comme à la maison : on pouvait manger des plats typiquement canadiens, faire suivre son courrier, participer à des activités sociales, comme la danse, et se loger provisoirement. À la fin du conflit, dans les ports canadiens, les salutistes accueillaient les « épouses de guerre » des militaires, de retour de l’étranger. Après la guerre, d’autres services sociaux novateurs furent mis en œuvre, dont un centre de prévention du suicide ainsi que des programmes d’aide aux victimes de crimes et aux témoins, qui ont par la suite été annexés au système de justice pénale.

L’Armée du Salut au Canada a ainsi formé de nombreux dirigeants exceptionnels qui se sont illustrés, non seulement sur la scène nationale, mais aussi à l’échelle mondiale. En 1975, Clarence Wiseman a été élu général (dirigeant international) de l’Armée du Salut. Arnold Brown lui a succédé en 1977. En 1993, Bramwell Tillsley a été nommé général, mais il a dû se retirer l’année suivante, en raison de troubles de santé. En 2011, la commissaire Linda Bond est devenue la dix-neuvième dirigeante de l’Armée du Salut. L’organisation compte actuellement plus d’un million de membres et est présente dans 124 pays.

Aujourd’hui, l’Armée du Salut est le fournisseur de services sociaux non gouvernemental le plus important au Canada. Elle vient en aide à quelque 1 700 000 personnes chaque année, dans plus de 400 collectivités à travers le pays. Elle fournit une aide concrète à des milliers de familles démunies, et répond aux besoins essentiels de ceux qui ont perdu la maîtrise de leur vie en leur offrant des services de réadaptation et une place en centre d’hébergement ou refuge.

En outre, la campagne des marmites de Noël recueille des fonds depuis plus de 120 ans afin de soutenir les services qu’offre l’Armée du Salut à la population. Cette campagne est devenue l’un des événements caritatifs les plus importants et les plus reconnus au Canada. L’Armée du Salut évolue afin de s’adapter aux changements qui s’opèrent au sein de la société. Tout en conservant ses valeurs et ses objectifs, elle met en œuvre des programmes inspirés et efficaces, comme des cuisines communautaires, des programmes de formation et des services d’aide aux toxicomanes en centre de jour, qui répondent aux besoins croissants des collectivités.

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